Y’a des jours ...

13.08.2006 | Richy
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...Comme ça ! Des jours où on voudrait compléter son blog pour raconter ses journées et états d’âmes à tout le monde, et puis, avec le temps, les idées et les bons mots vont et s’envolent, et on reporte à plus tard ce qu’on peut faire aujourd’hui. Mais là, il est urgemment nécessaire que je prenne le clavier, à défaut d’une plume, que les conditions de vie actuelle ont par ailleurs rendue désespérément inutile, afin de conter à qui voudra bien les entendre les tressaillements houleux de mes états d’âme laconiques et de mon dégoût des Hommes (avec un grand h pour englober les femmes, pour une fois), qui ne s’arrangent pas avec le temps.

J’avais en effet préparé un petit article dans ma tête, avec quelques bons mots plus ou moins bien sentis, des anecdotes rigolotes ou non, mais qui ont au moins le mérite d’être réelles, des sensations (pures) telles que je les ai éprouvées, et ce genre d’inepties purement égoïstes qui font le bonheur des bloggeurs et de leurs lecteurs.

Mais l’incertitude qui régit nos jours, et en l’occurence nos soirées, me laisse aujourd’hui définitivement perplexe sur ce que l’on ose appeler la nature humaine, et qui m’interroge sur la véracité de ces mots. Il n’y a rien de moins naturel que la nature humaine. Tous ces artifices pour aller à l’encontre du "normal", c’est-à-dire de ce qui serait, si l’homme n’était pas là (j’en ai marre des majuscules, mais oui mesdames vous êtes toujours englobées). Encore une fois, elle ne m’a pas déçu. Enfin, tant et si bien que ma satisfaction soit celle de la reconnaissance du fait que mes semblables me ressemblent de moins en moins. Par souci d’anonymat, je ne pourrai malheureusement pas développer autant que je le souhaiterais. Non pas que dévoiler l’identité de personnes que je connais à peine me gêne ; je ne désire juste pas faire de publicité (comme disait Jacques Ségéla : "il n’y a pas de mauvaise publicité") pour des gens que je n’apprécie pas, et la litote est bien faible. Dieu seul sait combien j’ai déjà pu en rencontrer depuis mes 25 années d’existence sur cette planète... Mais pourquoi diable continue-t-il dès lors à m’en envoyer ? Qu’ai-je fait pour mériter des "semblables" dont le quotient, pourtant qualifié d’intellectuel, les pousse à rejeter toute forme de sympathie pour la différence culturelle ou humoristique dont je fais preuve à leur égard ? Pourquoi les gens que je suis parfois amené à fréquenter, s’il s’agit bien de gens, manifestent-ils autant de silences effrayants ? C’est vrai, c’est pétrifiant, un silence. Surtout si ce n’est pas moi qui décide de son existence... Admettons qu’un silence théâtral soit un grand moment de tragédie. C’est ce qu’on nous a appris dans les petites classes, et c’est la réalité du quotidien. Une crainte entraîne un silence. Un doute entraîne un silence. Une hésitation est plutôt silencieuse. Soit. Mais une soirée entre "amis", n’est-elle pas précisément le contraire ? L’occasion de discuter, peut-être de manière futile au départ, pour voir ce qui nous rapproche et nous éloigne ? Et pourquoi pas de faire dessiner sur le visage des autres de jolis sourires, pourtant toujours plus appréciés que les sempiternelles grimaces qui comblent déjà nos journées de pauvres travailleurs ? Pourquoi, à défaut de sympathiser, ne pourrait-on pas juste rigoler ? De tout, de rien ; du temps qu’il fait, du ridicule de la vie, des habits des autres gens (qui du coup doivent probablement faire de même), de l’actualité, des gens célèbres, des têtes couronnées, des grands de ce monde, des stéréotypes qui ont la dent dure, des vieux qui ont encore des dents, et des mamans requins qui ont les dents de la mère, sans parler des chiens qui ont les crocs. Bref, tant de choses sont potentiellement drôles, tant de sujets peuvent nous délier les zygomatiques à tout va, tant d’occasions de se sentir bien sont refoulées derrière des silences, une lenteur, une léthargie de vivre qui n’est par ailleurs pas sans évoquer la vieillesse précoce de pléthore de jeunes dynamiques qui s’agitent désespérement, sans fracas ni force, pour oublier que la mort va bientôt sonner à la porte.

Refus inconscient de penser à cela, peut-être ? Il suffit de se dire qu’elle est encore loin pour n’avoir pas à s’en soucier, c’est vrai. C’est hypocrite, mais ça marche. On n’y pense pas, mais elle, pense toujours à nous. Quoiqu’il en soit, il doit y avoir une raison qui justifie nos attitudes face aux autres, surtout dans un contexte "social" (mon cas de ce soir en l’occurence, ah ben oui c’est mon blog, je parle de moi !). Je ne sais même pas si je suis encore clair dans mes propos à une heure du matin, après avoir de quoi désespérer encore plus de la connerie humaine qui, pour de bon cette fois, n’a ni région, ni pays, ni continent. Comment faire comprendre au lecteur qui s’éparpille entre ces lignes la frustration qui est la mienne quand je me retrouve plongé dans une mare aux connards qui se réunissent pour n’être finalement que dans leur coin (coin), que ce soit en dansant, en mangeant, en "buvant des verres" ou autres délicieuses et si originales activités. On ne se réunit plus que pour partager sa solitude. On a pourtant tant à partager !... La frustration ne vient pas de l’activité potentielle en elle-même (on a la vie qu’on mérite), mais de l’attitude avec laquelle on la vit. J’ai rencontré quelques personnes dont la particularité était de s’adonner à diverses fantaisies, comme visiter tel ou tel restaurant, telle ou telle "place to be", non pas pour s’y amuser, non ! Juste pour pouvoir le raconter le lendemain. De nos jours, il faut croire qu’on s’émerveille plus sur l’endroit où on est allé que sur ce qu’on y a fait. Et là, les malins me répondront "alors pourquoi tu fais ton stage à New York" ? Alors, les ptits malins, si vous me connaissez bien, vous devez savoir que je veux faire ma vie ici, et que je n’ai nullement l’intention de vous raconter tout ce que j’ai fait ici quand je repasserai à Paris. Vous pouvez aller tourner le bouton tout rond. Moi je continue à chanter des chansons. Ce que je fais ici m’appartient. Comme ce que j’ai toujours fait m’appartiendra toujours.

Pour en revenir à nos moutons, et pour faire court, car l’heure avance plus vite que mes mots, j’ai touché du doigt, encore une fois diront certains, la connerie humaine, la vraie, la palpable (pléonasme, je sais, je fais ce que je veux ici !), qui n’est pas si néfaste que ça au départ car elle nous fait sentir incroyablement fort et intelligent, mais qui nous ronge petit à petit face à son immensité. Et qui nous confine dans un sentiment d’impuissance que l’on ne peut même pas résoudre avec du Viagra. C’est ça le pire, je pense. Constater sans pouvoir améliorer. C’est un véritable crève-coeur que de constater le désespoir de ceux qui n’en ont même pas une once de conscience, et qui se dandinent dans la vie comme un hérisson sur une autoroute, lentement, d’un pas mal assuré, en se disant qu’un jour on verra l’autre bout de la route, dussions-nous ressembler à une crêpe au pic, et qui ne sourient qu’avec une crispation nécessaire à la hantise de l’incertitude que représente l’avenir plus ou moins proche.

Et après on s’étonne pourquoi le meilleur ami de l’homme n’est pas un homme, mais un chien...

 

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