En plus ou en moins...

17.07.2006 | Richy
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Un jour en plus, c’est un jour en moins. Ce n’est pas une expression de prisonnier résigné, c’est plutôt le constat du candide qui constate quotidiennement qu’il se rapproche davantage de sa pierre tombale que d’un utérus. A moins que ce candide soit un grand dragueur. C’est donc un week-end de plus qui vient de s’écouler sous le soleil new-yorkais. Bien amorcé, par un shabbat comme j’en avais rarement vu (et Dieu sait que j’en ai rarement vu), très différent de ce que j’avais pu voir jusqu’à présent, que ce fût à Paris ou à Jérusalem. Excellente ambiance, des gens souriant, chantant, et surtout mangeant. Ca donnerait presqu’envie de recommencer. Une balade nocturne pour terminer la soirée en longeant Central Park et remonter jusqu’au foyer. Comment débuter le week-end en étant plus fatigué que la semaine... En tout les cas, si c’est à refaire, je le refais de suite ! Un shabbat ashkénaze en plus, c’est un shabbat séfarade de moins.

Après le vendredi, en général, vient le samedi. Ca n’a une fois de plus pas loupé, et le soleil a levé ses rayons à travers ma vitre, que j’avais pris soin de ne pas entièrement recouvrir. Lever précoce, donc, pour quelqu’un qui s’est couché vers 3h du matin (on dit am ici, comme “avant manger”). A peine le temps de sauter de mon lit et de mes rêves, sans doute pleins des émotions de la veille, que je saute à nouveau, mais dans la baignoire cette fois-ci. Juste le temps de consulter mes emails pour connaître le rendez-vous de la journée, et hop, je file en trombe vers le métro, car l’heure avançait plus vite que moi. Direction Downtown où je devais rejoindre un ami, de passage à New York, entre la Nouvelle Orléans et Paris. Avec sa cousine et des amis, nous partons vers Coney Island, au sud de Brooklyn, où se trouve, le long de la plage, une fête foraine. Je ne sais pas ce qui m’a fait le plus plaisir, pouvoir faire des grands huit ou marcher dans le sable, toujours est-il que je me suis senti coupable. Surtout de ne pas avoir pris mon maillot de bain. Au moins, je le saurai pour la prochaine fois. Nous nous sommes donc promenés sur une pâle copie des planches de Deauville, où sept fois plus de baraques à frites, churros, glaces en tous genres, si présentes qu’on sent plus la graisse que la mer, créént aujourd’hui les futurs noyés de demain. L’obésité tue, on vous l’a dit. Plus loin, au large, un requin quittait la baie, la mer l’aidant... Deux scènes avaient été dressées là, au milieu de la fête foraine. Plus les groupes se succédaient, moins nous les entendions. Car plus le temps avançait, plus nous avancions. Contrairement aux danseurs de hip hop qui, globalement, restaient sur place. Un con qui marche ira moins loin qu’un danseur qui danse. Nous étions juste un peu moins cons. Mais nous sommes arrivés tout de même au quartier russe de Brooklyn. C’était facile à repérer, on a suivi les panneaux. Et dès qu’on ne les a plus compris, on a su qu’on était arrivé. Effectivement, on est entré dans le quartier le plus KGB-isé de la ville, où des types déguisés comme des agents secrets des années 70 nous suivaient des yeux plus discrètement que Marc Dutroux dans un club Mickey naturiste, mais moins que la serveuse du restaurant, Tatiana, où nous avons échoués, nous et nos dollars. Voila, c’est officiel, j’ai fait blanchir de l’argent à la mafia russe, qui en contrepartie, m’a fait blanchir mon tshirt à cause de la sauce sur mon poulet. Echange de bons procédés, on ne se fâche pas avec ces gens-là. Le ventre plein, le portefeuille vide, le sable presque blanc nous appelait, aussi l’avons-nous rejoint. Lui et sa mer, bleue, elle aussi. Comme le ciel. Quelques longues minutes de repos, laissant nos pieds s’enfoncer, le soleil nous dorer, et le vent nous caresser. Oui, on s’emmerde, quoi. On fait mumuse 5 minutes sur la chaise des maîtres-nageurs-surveillants-qui-vérifient-que-personne-se-noie, on prend les mêmes photos que dans Alerte à Malibu, mais on trouve comme seule remplaçante de Pamela Anderson... moi. C’est triste, c’est tout ce qu’on a sous la main, alors on fait avec... En plus j’étais même pas en rouge. Devant l’obstination des éléments à nous assoupir de plus en plus devant l’oeuvre de Celui qu’on m’avait fait louer la veille au soir, j’ai pris mon courage et mes pieds à deux mains, et nous sommes retournés voir les concerts avec my friend. Premier groupe ridicule, un chanteur qui relèguerait Joey Starr au rang de chanteur à voix, et une musique à deux accords, comme un écossais typique (qui joue de l’accord-nemuse avec de l’accord-ne aux doigts). Sans grosse hésitation, on prend le demi-risque de rejoindre l’autre scène, et là un groupe plus connu, surtout sous le nom de Scissor Sisters, se produisait. Du moins tentait. Car à deux reprises, le blackout total. Leur disco-rock, très entrainant au demeurant, a viré par deux fois à l’extinction de la boule à facettes et des Marshall quand les électrons ont décidé de ne plus circuler. L’incident électrique clos, le huis clos éclectique pouvait reprendre. Jusqu’à son terme d’ailleurs. La nuit se faisant déjà bien présente, nous décidâmes de la laisser seule avec Coney Island. Un dernier au revoir à Bob l’éponge qui demandait 5$ pour une photo avec lui, un dernier au revoir aux membres de la secte "des juifs pour Jésus", qui sont tombés sur la tête, s’ils en ont, et qui sont plus prosélytes qu’ils ne devraient l’être s’ils étaient vraiment juifs. Retour en métro à Manhattan, dodo mérité après une séance DVD, et de nouveau plein de rêves dans la tête. Un concert et un bain de soleil en plus, c’est autant de tympans et de cellules du derme en moins.

Et puis, finalement, comme on n’arrête que rarement le cours du temps, c’est dimanche qui s’est fait jour après samedi. Un film de plus à voir au fond du lit, c’est autant d’inculture en moins, et moins de "ah ouais !" stupidement dubitatif au beau milieu d’une conversation où, même si l’on ne veut pas briller, on ne veut pas être vu comme l’invisible. Avec un camarade du foyer, nous nous sommes ensuite rendus sur le campus de l’université de Columbia, où nous avons pu aller au gigantesque gymnase grouillant de grands gamins goguenards. Juste avant d’entrer, un furtif coup d’oeil au ciel azur. Et là, 5 avions, moins furtifs que le coup d’oeil, mais rapides quand même. Mais que font-ils à tourner ainsi, chacun sur sa ligne courbe ? Ah... Très bien, bienvenue en Amérique. Ces avions ne faisaient qu’écrire dans le ciel (je dis bien écrire) un slogan pour un milkshake. Ici, les compagnies de Milk Shake louent 5 avions pour écrire : "mangez mon yaourt" en signaux de nuages. Il faut bouffer du milkshake pour amortir 5 avions, non ? Quoiqu’il en soit, après cette page de pub incandescente, nous avons rejoint la climatisation de la salle de sports, dans laquelle nous avons, ramé, pédalé, marché, musclé nos ridicules biscotos, pendant plus d’une heure, avant de nous faire dégager par des étudiants qui avaient visiblement déjà mis les pieds ici vu la taille de leurs muscles. Pas les muscles de leurs pieds. Nous avons pris les nôtres pour faire un tour dans le complexe sportif, las après tant d’efforts et de calories perdues. Toujours est-il qu’un peu d’exercice en plus, c’est autant de kilos en moins...

Une petite balade pour terminer le week-end en douceur, du shopping qui ne débouche sur rien de valable, un repas qui débouche sur quelque chose de bon, et une bouteille de jus d’orange qui, malgré de nombreux efforts, ne se débouche pas. Et voilà le week-end qui se termine, plein d’images, de sons, d’odeurs et de couleurs, de rêves et de réalités, ou l’inverse. Un week-end qui devrait durer plus longtemps. Un week-end qui se termine, c’est une nouvelle semaine qui commence.

Et un jour de plus, ce sera toujours un jour de moins.

 

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